Le dessous des cartes

1926, Un célèbre joueur de tennis, et collectionneur de tableaux, Pierre Landry, découvre chez un brocanteur de l’île Saint-Louis, un grand tableau signé Georgius de La Tour, il l’achète pour 2500 francs. Personne ne connaît alors Georges de La Tour. En 1972, il le revend au musée du Louvre. Aujourd’hui, c’est l’un des plus grand chefs-d’œuvre des collections permanentes du Louvre. J’ai nommé, LE TRICHEUR A L’AS DE CARREAU.

Peint en 1635, ce tableau montre une partie de carte en apparence très conviviale. On y voit trois joueurs et une servante réunis autour d’une table, sauf qu’il en ai rien, un tricheur professionnel s’est infiltré.

Devinez qui va se faire plumer?

Le Tricheur à l'as de carreau- Georges De La Tour- Huile sur toile, 106x146 cm-Musée du Louvre, Paris.

Le Tricheur à l’as de carreau- Georges De La Tour- Huile sur toile, 106×146 cm-Musée du Louvre, Paris.

Pour De La Tour, la partie de carte n’est ici qu’un prétexte pour mettre en scène une allégorie, trois incitations, selon la morale du XVII siècle: le jeu, les femmes et le vin.

Quand on regarde de plus près, on voit bien que quelque chose de mystérieux se trame. Les regards sont fuyants et un personnage est dans l’ombre, à gauche, le tricheur!

détail du tableau

Détail du tableau

Il tire de sa ceinture, derrière son dos, un as de carreau. Il est peint de dos et à contre jour, ce qui renforce cette figure du vice, tel un fauve guettant sa proie. Son regard est tourné vers l’extérieur avec un petit rictus  qui appuis ses mauvaises intentions.

détail du tableau

détail du tableau

A droite, en face, un jeune bourgeois: c’est le pigeon! Vêtu richement, un visage de poupon, une plume planté dans son chapeau, pour ne pas dire ailleurs, assis bien droit, regardez le bien. Son attitude en dit long sur sa naïveté. Il a le regard droit dans ses cartes, qu’il tient avec application. Ses pièces d’or, sont devant lui, affichant sa richesse et sa confiance. Il semble ne rien douter du complot qui se joue devant lui.

détail du tableau

Détail du tableau

Au centre, la femme au turban, c’est la meneuse de jeu! C’est elle qui organise la partie. Le maître Lorrain la peint en courtisane. Les bijoux qu’elle arpente constituent les attribues de l’amour vénal, son décolleté est généreux et en pleine lumière. La femme, symbole de pêché de chair, s’adonne en plus, au jeu et boit du vin! Pour finir les pièces devant elle appuient son caractère cupide. Elle est représenté clairement comme mère de tous les vices.

Avec la servante au verre de vin, les trois larrons sont réunis par un jeu de regards et une gestuelle qui forme un triangle malfaisant, tenant à l’écart le jeune candide. Sans parler des jeux d’ombre et de lumière qui viennent appuyer la composition. C’est là tout le génie de De La Tour et ce qui rend le tableau unique.

Il reprendra ce tableau en l’appelant cette fois Le tricheur à l’As de Trèfle.

Pour ce qui est du sujet, de la composition tout comme pour les couleurs, il semble s’être inspiré d’un grand maître du clair-obscur, Le Caravage.

En effet, Le tricheur à l’as de carreau reprend un sujet peint pour la première fois par Caravage en 1594, Les joueurs de cartes, appelé aussi les tricheurs.

Les joueurs de cartes-Le Caravage-1594-Forth Worth, Kimbell Art Museum

Les joueurs de cartes-Le Caravage-1594-Forth Worth, Kimbell Art Museum

Pour en savoir plus sur Georges De La Tour.

Sur Le Tricheur A L’As De Carreau.

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